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Gérard Miller face à... Laurence Boccolini

Laurence Boccolini
"Je ne me suis pas assez fait confiance"

 

Quel est l’événement qui a le plus marqué votre enfance ?
La mort de ma grand-mère quand j’avais 7 ans. Ce jour-là, ma vie a basculé. Comme mes parents travaillaient beaucoup, c’est elle qui m’élevait et nous avions ensemble un rapport fusionnel. Sa disparition a été d’autant plus douloureuse que, pour me protéger, personne ne m’a expliqué ce qui se passait. Dans ma famille, je voyais tout le monde malheureux, mais chacun seul avec sa peine, dans son coin — c’était terrible.

Et de votre adolescence, quel souvenir gardez-vous ?
L’adolescence, je l’ai vraiment détestée ! Gothique avant l’heure, je refusais la vie que j’avais, je parlais souvent de mourir et je faisais souffrir ma mère tout en souffrant de la voir triste à cause de moi. J’étais mal dans ma peau, je pleurais, je ne voulais plus aller au lycée. Je sentais mon corps se transformer comme s’il y avait à l’intérieur un
Alien.

Vous ne vouliez pas devenir une femme ?
Bien sûr que si, mais moi qui étais jusqu’à l’adolescence très maigre, quand j’ai commencé à avoir des seins et des hanches, ma prof de danse classique, qui était totalement anorexique et détestait les filles qui prenaient des formes, m’a terrorisée. Du coup, au lieu de vivre positivement le fait de devenir une belle ado, je l’ai très mal vécu, j’en avais même honte. A partir de 14 ans, c’est simple, je n’ai plus que des souvenirs de régimes et de privations.

Mais pourquoi avoir écouté le désir de votre prof plutôt que le vôtre ?
C’est bien là un de mes principaux regrets : pendant trop longtemps, je ne me suis pas fait assez confiance. Je voulais d’abord et avant tout faire plaisir aux autres, les amuser, les rendre heureux. Je ne suis pas une sainte, je peux être l’occasion égoïste, mais je suis habitée par une bienveillance extrême. C’est ce qui fait que je suis passé à côté de plein de choses qui auraient pu m’apporter du plaisir !

Quand TF1 vous a proposé de devenir la « méchante » présentatrice du Maillon faible, cela a dû vous combler d’aise !
C‘était un rôle, les candidats avec qui je me marrais dès la fin de l’émission le voyaient bien… Mais, bon, c’est vrai, on ne peut pas jouer ce rôle si on n’a pas envie d’exorciser quelque chose en soi. Après avoir été pendant des années la « grosse rigolote » et devenir tout à coup la « grosse méchante », avec ce côté noir que les gens ne voyaient peut-être pas chez moi, oui, c’était assez réparateur.

A 44 ans, vous évoquez, dans votre livre, l’enfant qui vous manque et le « vide immense » de vos bras.  Mais n’avez-vous pas songé à la maternité… un peu tard ?
Oh, mais même plus tôt, il n’est pas sûr, d’après les médecins, que j’aurais pu avoir un enfant. Et puis, plus tôt, il m’aurait fallu le faire seule ou, en tout cas, avec un homme qui n’en voulait pas. Le problème, c’est que le futur père est arrivé au moment où la nature, qui est intraitable, avait décidé que mon corps ne fonctionnerait pas normalement.

 


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j'aurais du