Accueil

   
       
  Television    
- - - -
  Radio    
- - - -
  Scenarii    
- - - -
  Theatre    
- - - -
  Presse    
       
  Bio Express    
- - - -
  Bibliographie    
- - - -
  Vidéo    
- - - -
  Documents    
- - - -
  Galerie    
       
  Questions    
- - - -
  Liens    
- - - -
  Contact    

 

Gérard Miller face à... Dany Brillant

Dany Brillant
"J'ai trop longtemps donné de moi une image lisse"

 

Quand vous étiez adolescent, vous ressembliez à… Dany Brillant ?
Pas du tout. J'étais solitaire, introverti, je me réfugiais dans les livres, les films, la musique. Le regard des autres m'affectait, je faisais très attention à ne froisser personne. Avec les filles, j'étais si timide que je suis arrivé pratiquement vierge au mariage ! Dany Brillant, lui, c'est tout le contraire : un type à l'aise, séducteur, bien habillé, un véritable héros de bande dessinée, que j'ai inventé un jour parce que j'avais envie de lui ressembler un peu.

Et comment le garçon inhibé que vous décrivez a-t-il trouvé l'audace de monter sur scène ?
En allant écouter un cours sur Nietzsche. J'étais étudiant en médecine et, comme je n'aimais pas ça, j'ai suivi un copain qui faisait philo. J'ai été bouleversé par ce que j'ai entendu. Pour moi qui venais d'un milieu familial plutôt sclérosé, apprendre, par exemple, qu'il faut se libérer des conditionnements et faire de sa propre vie une œuvre d'art, c'était fascinant. En sortant des cours, je me suis dit : " Je n'ai qu'une façon de vivre ma vie : être un artiste. " J'ai aussitôt arrêté la médecine, je me suis inscrit dans un cours de théâtre et tout a commencé.

En quoi votre milieu familial était-il " sclérosé " ?
Il voulait me mettre dans un moule, faire de moi quelqu'un que je n'étais pas. Mes parents aimaient la sécurité, la réussite sociale, et moi l'aventure, la musique, tout ce qui n'était pas convenable. Ils me rêvaient médecin ou avocat, je me sentais voyou et nomade. Jusqu'à 18 ans, je me suis beaucoup caché, certainement trop.

Vos parents n'ont jamais deviné qui vous étiez vraiment ?
Non, ils sont tombés des nues quand je leur ai annoncé que je voulais chanter. Il faut dire que je leur donnais de moi une image tellement fausse ! Peut-être que cela explique pourquoi, à la télé, certains m'ont longtemps perçu comme trop lisse : inconsciemment je tentais peut-être de redonner à ma mère l'image de l'enfant sage qu'elle voulait que je sois.

C'est vrai que votre image médiatrice est parfois réductrice…
J'aurais dû travailler tout de suite sur cette " image ", mais quand j'ai connu mon premier tube, Suzette, je sortais de plusieurs années de galère, je voulais à tout prix me montrer. Je passais partout, sans discernement, il est logique que cela ait créé des malentendus. Mais, bon, j'aime bien le personnage de Zorro : le type qu'on croit insignifiant, qui met un masque et qui se révèle au final bien moins con que ceux qui le prenaient pour tel !

Il vous arrive de souhaiter vous débarrasser de Dany Brillant ?
Quand il me pèse un peu trop, je m'imagine bien vivre à l'étranger, chanter aux Etats-Unis, par exemple - j'adore le jazz. Là-bas, personne ne me connaît, ce serait la liberté, je pourrais même me présenter sous mon vrai nom, Dany Cohen !

Dans votre dernier spectacle, vous évoquez plus directement qu'avant vos origines juives, c'est un hasard ?
Non, je me suis réconcilié avec mon judaïsme. Le judaïsme dans lequel j'ai été élevé était un judaïsme de musée, replié sur lui-même, il ne me parlait pas. J'en ai découvert un autre, plus ouvert, et j'ai compris surtout que le peuple juif était un peuple de l'éthique.

 


retour sommaire
j'aurais du