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Gérard Miller face à... Philippe Candeloro

Philippe Candeloro
"Le patinage m’a longtemps frustré"

 

Vous avez toujours été un patineur atypique ?
Toujours. Aujourd’hui, le patinage s’est démocratisé, mais quand j’ai commencé, c’était comme le golf, un sport de riches, et on n’était pas nombreux à habiter en cité. Du coup, vous imaginez ma joie quand, à 11 ans, j’ai dérobé mon premier titre de champion de France à des gars qui n’étaient pas spécialement du même milieu que moi !

Enfant, vous vous sentiez différent ?
Oui, et j’adorais ça. J’étais en sport-études, je n’allais pas à l’école comme tous les gamins et, sur glace, j’étais apparemment plus doué que les autres. Cela dit, dans la cité où il fallait passer pour un dur, le patinage n’était pas reconnu comme un sport de mec et je ne le criais pas sur les toits.

Vous-même étiez un petit peu mal à l’aise de patiner ?
Faire un sport qui demandait de l’élégance artistique m’a longtemps frustré. Ce que j’aimais, c’était la difficulté technique, mais les tenues moulantes ou la musique classique me perturbaient. C’est avec mon premier personnage, Conan le Barbare, que j’ai enfin réussi à gommer la connotation féminine du patinage.

De Conan à Lucky Luke, de Napoléon à Rocky, tous vos personnages sont virils, mais également sexy.
On m’a toujours dit que j’avais un sex-appeal qui ressortait sur glace — sans vouloir le travailler ni l’exprimer davantage, j’ai sans doute cherché à le conserver. Quand on n’a pas un poil de graisse, des abdos qui se dessinent et qu’on choisit un programme comme Rocky, on sait qu’en enlevant le tee-shirt, la salle va hurler. Inconsciemment, j’ai peut-être choisi d’évoluer dans cette voie-là !

Vous n’avez jamais eu le sentiment d’en faire trop ?
Je suis un peu exhibitionniste, c’est sûr, mais si je ne l’avais pas été, un autre aurait pris cette place et je n’aurais pas eu la même reconnaissance internationale. Il faut comprendre que je suis arrivé dans un milieu plutôt coincé, que je n’ai jamais cherché à amadouer. Si je voulais enlever ma veste ou bouger mon bassin d’avant en arrière, je le faisais, un point c’est tout. Pour marquer les esprits, il ne faut pas toujours faire la même chose, mais il faut quand même conserver sa marque de fabrique. Je vous l’ai dit : j’aime être différent.

Est-ce aussi parce qu’il était « différent » que vous avez soutenu Nicolas Sarkozy ?
C’est le personnage et son dynamisme qui m’ont intéressé, plus que l’aspect politique proprement dit. Il a mené une campagne qui ressemblait à une préparation olympique et ça m’a impressionné.

L’année prochaine, ce seront vraiment vos adieux ?
J’ai annoncé il y a 10 ans que je tirerai ma révérence en 2008 et je vais tenir parole. Je veux rester dans la mémoire des gens avec une belle image, celle d’un sportif de haut niveau, pas celle d’un vieux bonhomme qui s’accroche et dont on dira il a fini has been.

 


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