Accueil

   
       
  Television    
- - - -
  Radio    
- - - -
  Scenarii    
- - - -
  Theatre    
- - - -
  Presse    
       
  Bio Express    
- - - -
  Bibliographie    
- - - -
  Vidéo    
- - - -
  Documents    
- - - -
  Galerie    
       
  Questions    
- - - -
  Liens    
- - - -
  Contact    

 

Gérard Miller face à... François Cluzet

François Cluzet
"Je savais qu’en vieillisant j’irai mieux"

 

Quel enfant étiez-vous ?
Je me demandais sans cesse comment faire pour ne pas ressembler à mes parents. Je m’ennuyais tellement chez moi que j’allais en classe pour trouver une famille. Et puis, souvent, je me sentais humilié. Mes parents tenaient un commerce de journaux et je les remplaçais à la caisse. Je me souviens de la façon dont certains adultes me prenaient de haut, comme s’ils n’en avaient pas pour leur argent d’être servi par un enfant. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi on me traitait aussi mal.

Et cette situation pénible a duré longtemps ?
Tout a changé à l’adolescence, dès que j’ai été livré à moi-même , dès que j’ai pris en main mes propres affaires. J’ai alors pu vivre la vie que j’estimais ne pas avoir eue jusque-là. Du coup, j’ai gonflé ma jeunesse, d’une manière déraisonnable, pour en avoir le plus possible… Jusqu’au jour où mon corps m’a réclamé un peu plus de douceur et un peu moins d’excès.

Est-ce à vos premières années que vous attribuez ce côté « écorché vif » que vous avez ?
Mon enfance heurtée m’a beaucoup déséquilibré, c’est certain. Mais je me suis  aussi pris les pieds dans le tapis en devenant acteur. Assez jeune, quand j’ai entendu qu’on me trouvait bon, je me suis demandé comment être meilleur. Et là, je me suis dit : «  Il faut que je sois encore plus sensible. » Oui, je crois que je me suis hyper sensibilisé, sans me rendre compte que la vie me réservait bien des douleurs.

Vous avez aujourd’hui 50 ans, c’est enfin la plénitude ?
Depuis quelques années, je me sens plutôt bien, et comme j’étais intimement convaincu qu’en vieillissant, ça irait mieux — cela me fait plaisir de le vérifier ! Ça me prouve que j’ai bien joué, d’une manière intime, de moi à moi. Je n’assume pas autant la solitude que je la connais, mais chaque jour, je m’allège un peu plus, je me « dématérialise », c’est presque une posture de yoga.

Le film de Guillaume Canet, dont vous êtes l’acteur principal, rencontre l’adhésion de tous ceux qui le voient. Pour vous, c’est une consécration ?
Cela rejoint pour moi un rêve que j’avais, celui de vieillir dans ce métier. J’ai toujours voulu suivre un chemin qui me permette de prendre progressivement de l’ampleur. J’avais très peur d’être un has been, je ne voulais absolument pas être à la mode, absolument pas être consommé. Je voulais durer.

Votre personnage est un « héros ordinaire ». Vous vous identifiez à lui ?
Cela me va bien, moi aussi, je veux rester ordinaire. Ce n’est pas du tout de la modestie, la place que j’ai choisie, j’ai bien réfléchi, c’est la meilleure. C’est là qu’on ressent le mieux. La position de premier de la classe pour laquelle certains se battent, c’est de la frime, on ne voit rien. Je ne veux pas me retrouver dans un musée Grévin ambulant. Je ne veux absolument pas rentrer dans le fatras du mec héroïque, le côté Brando ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est simple : c’est d’être le collaborateur des films dans lesquels je joue.


retour sommaire
j'aurais du