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Gérard Miller
face à...
Jean-François
Copé
Jean
François Copé
"Il m’a fallu apprendre à perdre"

Vous souvenez-vous de la
première fois où la politique vous a attiré ?
Je m’en souviens très bien. J’avais 7 ans et je regardais à la télévision une
conférence de presse de Georges Pompidou. Je revois exactement la scène, le
plan fixe, la table, et cet homme solide, élégant — j’étais absolument épaté.
On m’a dit : « C’est le président de la République », et j’ai tout de
suite pensé : « Un jour je ferai de la politique ».
Du coup, vous n’avez jamais
cherché votre voie. C’est dommage, non ?
Peut-être. J’ai été
moins que d’autres tenté par l’éclectisme, mais l’avantage c’est que tous les
choix que j’ai faits, je les ai faits sans hésiter longtemps, puisqu’ils
tendaient tous vers cet objectif.
Vous avez 43 ans et n’êtes
toujours pas président… Le petit garçon que vous étiez ne s’impatiente pas ?
Il a peut-être
trouvé qu’à certains moments de ma vie, ça n’allait pas assez vite, mais là non,
le rythme est bon. Je ne vais pas faire le type qui n’est pas ambitieux, je le
suis, mais quand on grandit, on comprend vite qu’il y a des étapes à franchir
que les enfants n’imaginent pas. Disons que j’en ai déjà franchi un certain
nombre.
La quantité de mains qu’il
faut serrer pour arriver à l’Elysée ne vous effraie pas ?
Quelle que soit
votre fonction en politique, vous devez privilégier le contact direct. Ça ne
m’est jamais arrivé de penser : « Je serre des mains parce que j’y suis
obligé. » Je vais vers les gens parce que j’adore ça. C’est une partie
intrinsèque de ce qui est plus qu’un métier, une mission.
Quand vous avez été battu aux
législatives de 1997, vous êtes resté aussi zen ?
Cette défaite a été
une profonde blessure. J’ai été battu dans ma ville, le Front national a fait
23% des voix, la gauche est passée et il a fallu recommencer à zéro. A 31 ans,
j’avais été le plus jeune élu et je pensais que la politique c’était finalement
assez facile. A 33 ans, je suis devenu le plus jeune battu et j’ai compris
qu’apprendre à perdre était beaucoup plus important qu’apprendre à gagner.
Quelques jours après une victoire, l’euphorie se dissipe. Une défaite, on la
trimballe pendant des mois !
Quand on quitte définitivement
le pouvoir, comme Jacques Chirac, cela doit ressembler à un lendemain de
défaite. Vous pensez encore à lui
?
Je pense très souvent à lui. Je me qu’il était déjà premier ministre quand
j’avais 10 ans et que c’est sans doute l’un des derniers qui aura un parcours
aussi incroyable de longévité politique — quarante ans !
Que ferez-vous le jour où pour
vous également, ce sera terminé ?
Mon père, qui était
et est toujours chirurgien, est devenu comédien. Comme lui, j’ai d’autres
passions, mais il est trop tôt pour dire ce que pourrait être ma « seconde
carrière ».

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