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Gérard Miller
face à...
Gérard Darmon
Gérard
Darmon
"Mon orgueil
n’a pas toujours été maîtrisé"

Quel adolescent
étiez-vous ?
Je gambergeais beaucoup, à la fois assoiffé de connaissances et déconnecté du
système scolaire dans lequel je n’arrivais pas à m’inclure. Du coup,
mentalement, j’étais un adolescent très perturbé. Par chance, dès que je
franchissais la porte de chez moi, plus rien de néfaste ne pouvait m’arriver.
Fils unique, je retrouvais grâce à mes parents un véritable cocon, empreint
d’amour oriental !
Vous avez
toujours su que vous seriez acteur ?
Je ne me le formulais pas comme ça, parce que je ne savais pas où j’allais. Mais
tout môme déjà, en colo ou ailleurs, j’animais des soirées, j’inventais des
sketches, je présentais le jeu du Quitte ou double… Ce qui me plaisait,
c’était d’être en lumière. J’ai fini par me dire : « Puisque rien d’autre ne
te plaît, et certainement pas de devenir médecin ou avocat, la vérité est
probablement là. »
A vos débuts,
vous vous êtes facilement intégré dans le milieu du spectacle ?
Non, à l’époque je n’étais pas très sociable. Et
puis j’avais beaucoup de mal à admettre que les gens ne puissent pas sentir tout
de suite… l’extraordinaire valeur humaine que j’avais. Je le dis en souriant,
parce que cela ne compte plus beaucoup aujourd’hui. Cela dit, c’est un fait :
mon orgueil n’a pas toujours été maîtrisé. Quand j’étais jeune, il m’a desservi
plus qu’il ne m’a servi. Depuis, le rapport s’est inversé.
Est-ce que vous
aimez qu’on évoque votre physique de séducteur ?
Quand j’ai commencé à faire du théâtre, combien de
fois n’ai-je pas entendu que j’étais trop « typé » ! Alors, au final,
oui, ce n’est pas désagréable de faire partie de la génération des Anconina, des
Berry, des Bacri, de cette vague des petites têtes de pruneaux qui est arrivée
dans les années 80 et qui a un peu changé la donne dans le cinéma français.
A quoi tient ce
côté intransigeant, voire rigide, qu’on décrit parfois chez vous ?
Cela tient sans doute au fait que je me vis au
quotidien comme un justicier. Je considère à juste titre que j’ai beaucoup de
chance, ne serait-ce que par le métier que j’exerce, mais je ne supporte pas
pour autant les injustices, les abus de pouvoir, les « je ne parle pas de la
même façon aux puissants et aux faibles », tous ces discours à deux vitesses
qui font, sur les plateaux de cinéma, par exemple, qu’on ne s’adresse pas de la
même façon à l’acteur qui a le premier rôle et à l’assistant.
Vous-même ne
faites jamais de compromis ?
J’essaye en tout cas de rester intact dans la
rébellion, cela fait partie de mes idéaux de jeunesse. Je cède parfois, je peux
avoir un discours sur la télé et y aller tout de même, mais je m’efforce de ne
pas être dupe, de ne pas me faire prendre à ce miroir aux alouettes. J’ai été
pendant une période de ma vie velléitaire, je démarrais un milliard de choses,
mais ça n’aboutissait jamais. J’essaye désormais d’être fidèle à moi-même et
d’aller jusqu’au bout de ce que je décide. Aujourd’hui, j’assume.

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