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Gérard Miller face à... Philippe Vandel

Philippe Vandel
"Je ne m’intéresse pas "

 

Comme vous le répétez à chacune de vos émissions, vous pensez vraiment que « la télé est un meuble » ?
Un livre s’achète en librairie, un film se voit au cinéma, la télé s’achète chez Darty, entre une sorbetière et un grille pain. Télévision, étymologiquement, c’est « voir à distance ». C’est noble et utile comme une étagère qui porte des livres, pas plus, pas moins.

Et cependant, vous vous pensez comme un « homme de télé » ?
Non, je me pense comme un journaliste à qui on a demandé de faire de la télé et qui a dit d’accord. C’est pourquoi j’écris tous mes textes, à la différence de la quasi totalité des hommes de télé qui s’entourent d’auteurs. J’ai les réflexes d’un journaliste de presse écrite, qui fournit seul à son journal un produit fini. Pour certaines rubriques, il m’arrive même de faire le montage !

Adolescent, est-ce que vous aviez envie d’être connu plus tard ?
Pas du tout, et d’ailleurs je ne suis toujours pas connu du grand public, ce qui me convient très bien : je n’ai jamais eu d’ambition démesurée. Quand j’ai commencé dans ce métier, contrairement à beaucoup, je n’avais aucune revanche à prendre. A Actuel où j’ai travaillé pendant six ans, on mettait parfois en couverture des gens qui se retrouvaient de fait, peu de temps après, totalement inconnus — ça m’a aidé à relativiser. Quand on n’a pas l’impression d’être arrivé au sommet, on ne tombe jamais de haut.

Comment un garçon aussi convenable que vous a-t-il pu présenter le Journal du hard sur Canal+ ?
Mon premier film X, je l’ai vu à 25 ans, mais je me suis souvenu de ce que disaient mes parents, qui étaient tous les deux profs : les pays comme la Scandinavie dans lesquels la pornographie est autorisée depuis longtemps sont ceux où il y a le moins de viols. Même si ce n’est pas mon truc, je vois le X comme un exutoire, et je le préfère à la violence.

A part le foot dont vous êtes un spécialiste, qu’est-ce qui vous intéresse ?
Les choses vraies, la fiction ne m’intéresse pas. Un ministre qui dit une bêtise me fera toujours plus rire qu’un sketch, et aucun film d’action ne sera jamais aussi étonnant que les images bouleversantes des tours jumelles qui s’écroulent. Si j’aime le foot, c’est pour ça aussi — on est dans le vrai. Quand Djibril Cissé se blesse et ne va pas à la Coupe du Monde, c’est sa vie, sa vraie vie. Et quel scénariste aurait imaginé Raymond Domenech demandant en direct à sa compagne de l’épouser ? Dans vingt ans, on en parlera encore !

Vous-même, vous vous intéressez ?
Non, je ne m’intéresse pas, je connais ma limite, je suis… une personne, pas un personnage. Si Ruquier avait choisi six chroniqueurs comme moi autour de la table, tout le monde se serait ennuyé. Je ne suis pas dans l’excès, je suis trop neutre, trop mesuré. Ce qui est spectaculaire c’est l’ignorance, la mauvaise foi — moi, j’ai toujours l’impression d’être objectif ! Disons que je ne suis pas pittoresque, au sens latin du terme.

 


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